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HaitiBrand analyse l'annonce du 19 février 2026 et ses implications pour les institutions financières et les décideurs haïtiens.
L'annonce du 19 février
Google a confirmé aujourd'hui un investissement de 500 millions de dollars pour construire un « port d'échange numérique » en République Dominicaine, le premier de ce type dans les Amériques hors des États-Unis et le huitième au niveau mondial. Le président Luis Abinader a signé un décret de priorité nationale, et la construction démarre en mars 2026.
Le projet comprend une infrastructure de 7 000 mètres carrés dédiée à l'échange de données, complétée par un câble sous-marin international reliant la République Dominicaine à deux régions Google Cloud américaines (Caroline du Sud et Virginie). Les connexions câblées directes vers le continent passent de une à trois, et les paires de fibres optiques sont multipliées par dix.
Ce qu'est un port d'échange numérique
Un port d'échange numérique (IXP, Internet Exchange Point) est un nœud physique où différents réseaux Internet s'interconnectent directement. Concrètement, le trafic entre un utilisateur dominicain et un service Google n'a plus besoin de transiter par Miami ou New York. Pour les entreprises locales, la traduction est immédiate : latence réduite et coûts de bande passante plus bas.
Une vision pour la Caraïbe
La République Dominicaine était déjà connectée à six câbles sous-marins. Ce hub la positionne comme nœud central d'échange entre l'Amérique du Nord, l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud. Une part significative des flux de données caribéens passera désormais par Santo Domingo.
Deux implications directes pour Haïti
Première implication : la proximité géographique. Les deux pays partagent l'île d'Hispaniola. Si Natcom et Digicel parviennent à établir des connexions vers ce hub, les institutions financières haïtiennes et les plateformes numériques locales pourraient bénéficier d'une amélioration notable de latence vers les services cloud américains. La question technique concrète : quels sont les points d'interconnexion existants entre les réseaux des deux pays ?
Deuxième implication : le signal structurel. Google sélectionne ses emplacements à partir de critères précis, dont la stabilité macroéconomique, la politique fiscale, la gouvernance prévisible et l'infrastructure existante. Ce choix constitue aussi une évaluation comparative de la région. Pour les décideurs du secteur privé haïtien, l'exercice utile consiste à identifier quels de ces critères sont adressables à court terme, non pas pour concurrencer la RD, mais pour préparer les prochaines discussions avec des bailleurs et partenaires technologiques.
Le volet institutionnel
L'élément le plus instructif pour les institutions publiques haïtiennes est la rapidité de mobilisation dominicaine : décret présidentiel signé, priorité nationale déclarée en quelques heures. Ce type de réactivité est précisément ce que la Banque mondiale et la BID recherchent dans les dossiers de financement en infrastructure numérique. La CARICOM et l'OEA suivent ces dynamiques pour établir leurs priorités de coopération régionale 2026-2028.
Pour une analyse des implications de cette infrastructure pour votre institution, contactez HaitiBrand.
Sources:
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